Présentation par Joseph Barou de :

Joseph Vente : Mon village, il y a soixante ans
souvenirs d'un habitant de Prolanges, Gumières (Loire)


Joseph Vente est né le 12 janvier 1916, au pied du bourg de Gumières, d'une famille très modeste comptant sept enfants. Son père meurt le 20 juin 1918 alors qu'il n'a que deux ans et demi. Il passe son enfance et sa jeunesse dans son village natal, allant très tôt travailler chez les autres. Après un service militaire de deux années il revient au pays, mais pour peu de temps ! Quelques mois plus tard c'est la guerre et une interminable captivité en Allemagne... Il ne reviendra à Gumières qu'en juin 1945. De 1936 à 1945, neuf années de son existence ont été ainsi sacrifiées.

Depuis une vingtaine d'années, Joseph Vente, le tonton Joseph comme tous ceux qui le connaissent l'appellent affectueusement, vit à Prolanges. Il fait partie des trois ou quatre derniers patoisants du hameau et des deux douzaines d'habitants de Gumières qui parlent encore notre vieux langage forézien. De plus sa mémoire est fidèle et c'est un observateur plein de finesse des choses et des gens. Dans le cadre des activités du groupe Patois Vivant nous avons longuement enregistré Joseph Vente parlant en patois des multiples sujets qui lui sont chers : la vie du vieux temps, les travaux et les habitants de son village natal tels qu'ils étaient il y a plus de soixante ans alors que Gumières était encore un vrai bourg avec des artisans, des cafés et plusieurs écoles...

De ces cassettes de patois nous avons extrait les pages suivantes transcrites en français. Elles nous paraissent appartenir aussi au petit patrimoine rural, un bien qui est à tous et qu'il ne faut pas laisser disparaître. Nous avons volontairement respecté le style oral qui est celui du conteur et de l'entretien familier avec ses redondances et ses tournures indirectes car il est en lui-même un témoignage, c'est la façon de parler de notre campagne. Il ne s'agit pas d'une anthologie mais d'un bouquet de souvenirs pleins de fraîcheur et de sincérité. Merci Joseph Vente d'être un peu la mémoire de votre village.

Joseph Barou

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